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Avec 50 euros, une famille ne remplit plus un caddie… C’est inacceptable !



Avec 50 euros, une famille ne remplit plus un caddie… C’est inacceptable !
Depuis la fin de cet été, le sujet de conversation numéro un tourne autour de l’explosion des prix. Pas des prix des dernières consoles de jeux, des dernières collections, du dernier gsm tendance. Non, du prix d’un caddie à la sortie d’une grande surface. Pain, beurre, spaghetti, céréales, pommes de terre,…Toute une série de produits de première nécessité, toute une série de produits qu’on classe dans le panier de la ménagère connaissent une augmentation très élevée. C’est pareil pour les carburants, pour l’énergie. Et, à toutes ces augmentations il faut également ajouter le prix des loyers !

Quelques chiffres : sur la période allant de septembre 2006 à novembre 2007, +32% pour le lait demi-écrémé ; +21% pour le beurre ; +20% pour le LPG ; +15% pour le Diesel ; +8% pour le fromage ; etc.

Ces augmentations sont elles réellement « naturelles » ? Répondent-elles réellement à une saine logique économique ?

On peut en douter. Ainsi, une enquête de la Vlerick Management School (enquête 6th Belgian Consumer Goods) a démontré que pas moins d'un producteur sur 3 admet que les augmentations de prix des produits alimentaires sont trop élevées par rapport à l’augmentation du prix des matières premières.

Ces dérives continueront tant que la Belgique ne se dotera pas d’un organisme qui pourra analyser l’évolution des prix et, surtout, la structure de ces prix, à savoir, les marges que prennent chacun des acteurs de production et de distribution.

Ces augmentations de prix commencent logiquement à éroder la confiance des consommateurs. L'indicateur de la confiance des consommateurs se situait en novembre 2007 à - 8. C’est la première fois qu’une baisse d’une telle ampleur est enregistrée sans qu'un événement politique ou économique spécifique de grande ampleur ne se soit produit.

Il est dès lors indispensable de mener une réflexion sans tabous sur la politique des prix et de prendre les mesures qui s’imposent.

Avec certaines collègues (Colette Burgeon et Camille Dieu), le 9 octobre 2007, j’avais déjà déposé une proposition de résolution visant à réintroduire une série de prix maxima notamment sur des produits alimentaires de première nécessité mais aussi des produits d’assurance obligatoire et de télécommunications. Par ailleurs, cette résolution proposait la mise en place d’un Observatoire des prix de la vie quotidienne dont la mission serait d’examiner l’évolution des prix des biens et des services importants pour les familles et proposer, en cas de dérapages des prix des mesures coercitives au Ministre de l’Economie.

Ce vendredi, avec le sp.a, je viens, de déposer au Parlement fédéral, une proposition de loi visant à élargir les missions de la Commission pour la Régulation des Prix. Je continue à taper sur le clou…

Cette proposition permet à la Commission pour la Régulation des Prix :

  • D’exercer un contrôle permanent sur les prix d’un ensemble de produits et de services considérés généralement comme besoins de base (pain, riz, farine, électricité, loyers d’habitation, gaz, transport par train et bus, port d’une lettre, communications téléphoniques, abonnement Internet, assurances obligatoires, services bancaires, etc.). A cet égard, la Commission doit veiller à ce que les prix de ces produits et services soient raisonnables et qu’ils restent accessibles à tous les consommateurs,

  • De tirer la sonnette d’alarme lorsqu’une augmentation de prix exceptionnelle est susceptible d’avoir un impact sur le pouvoir d’achat des ménages ou constitue un danger pour l’accès des consommateurs à ces produits et services de base;

  • De faire des recommandations au Ministre de l’Economie quant à la politique à suivre en ce qui concerne cette augmentation de prix anormale. Le Ministre peut, sur la base des recommandations, soumettre le produit ou le service au contrôle des prix ou proposer d’autres mesures comme fixer une marge bénéficiaire maximale pour les acteurs de la chaîne de production et de distribution.

Ainsi, nous voulons empêcher que des prix de biens et de services de première nécessité soient artificiellement gonflés et ne soient plus alors accessibles à l’ensemble de la population.

En effet, pour ces biens et services de première nécessité, la question ne doit pas être de savoir si on a les moyens de les acheter, mais bien être celle de savoir si on a besoin de les acheter.

Voici encore une proposition concrète de plus pour répondre à l’augmentation du coût de la vie. J’espère qu’elle aura plus de succès que toutes les autres que j’ai déposées pour réduire la facture d’énergie (élargissement du Fonds mazout, prix maximum et diminution de TVA sur le prix du gaz et de l’électricité,…) et qui ont été purement et simplement rejetées par les partis de l’Orange Bleue.

Dimanche 16 Décembre 2007
Karine Lalieux
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