Birmanie : Aung San Suu Kyi ne doit plus être oubliée...
Trois ans de travaux forcés réduit à 18 mois d’assignation à résidence, voilà la peine à laquelle a été condamnée la Prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi et ce malgré la pression internationale.
Je vous ai déjà souvent parlé de cette femme birmane courageuse qui a gagné les élections démocratiques en 1990 et qui depuis lors est assignée à résidence quand elle n’est pas emprisonnée par la Junte militaire Birmane au pouvoir, dictature le plus ignoble d’Asie. Malgré cela, cette femme qui n’a jamais voulu quitter son Pays, vit loin des siens. C’est vrai que la Communauté internationale (essentiellement l’Europe et les Etats-Unis) a déjà pris des sanctions économiques à l’égard des Généraux birmans (gel des avoirs, limitations des exportations,...) mais celles-ci ne semblent pas faire fléchir la Junte. Souvenez-vous de la répression par les militaires de «la révolution safran», pacifiste, écrasée dans la violence Cette nouvelle condamnation a été prononcée pour des raisons absurdes : un américain, bien idiot d’ailleurs, s’est introduit par effraction dans la résidence de Mme Suu Kyi alors qu’il lui est interdit de voir quiconque. Comme le dit le Ministre néerlandais des Affaires étrangères, «la Birmanie est le seul pays au monde qui punit un propriétaire d’une maison parce que quelqu’un s’y est secrètement introduit !». Si les raisons sont absurdes, elles arrangent la Junte puisque cela ne permettra pas à Aung San Suu Kyi de participer aux élections en 2010 même si ces dernières ressemblent plutôt à une farce.. Aujourd’hui, à cause de la Chine (une autre grande démocratie) et dans une moindre mesure de l’Inde et de la Russie dans la protection de leurs intérêts économiques (pétrole, gaz, armes,...), les Nations-Unies n’ont pas pu voter une résolution condamnant fermement cette nouvelle gifle et envisager de nouvelles sanctions. Face à cette situation, l’Europe et les Etats-Unis doivent non seulement continuer à se battre pour obtenir cette résolution mais surtout renforcer les sanctions économiques qui ne visent aujourd’hui qu’une partie de l’exploitation forestière et minière. L’Europe se doit aussi d’étendre les sanctions au gaz et au pétrole ainsi qu’à toutes les sociétés qui aident et financent ainsi la junte par leur présence. Ressources énergétiques que Sarkozy, qui semble pourtant fort fâché par l’attitude de la Junte, a «omis» d’inclure hier. On peut comprendre puisque Total Fina, firme française, exploite de nombreuses ressources en Birmanie... Pour votre totale information [Actions-Birmanie]url: http://www.birmanie.net avait entamé, sur base de la compétence universelle (à savoir qu’un pays peut poursuivre des crimes contre l’humanité qui se sont produits dans un autre), une procédure judiciaire contre Total Fina. Malheureusement, la justice belge, après des années de procédure (et beaucoup de pression de notre voisin français) a décrété la plainte irrecevable pour des raisons qui étaient pour le moins tirées par les cheveux. Autre élément, il faut savoir que le représentant pour l’Europe de l’Asean (association des nations de l’Asie du Sud-Est) est l’ambassadeur birman! L’Europe doit exiger son remplacement par un représentant d’un autre pays, c’est un minimum! J’avais d’ailleurs au mois de juin demandé à notre Ministre des Affaires Etrangère de relayer cette demande auprès du Conseil des Ministres européens. Sans succès..Peut-être que maintenant, ils l’entendront. Le temps n’est plus au dialogue mais à la fermeté et aux sanctions à l’égard de la Birmanie mais aussi à la suspension de la coopération politique avec les Pays de l’Asean tant qu’ils ne montrent pas un peu plus de bonne volonté. Il y va de la crédibilité de l’Union européenne. J’espère cette fois elle ne décevra pas. Mercredi 12 Août 2009
Karine Lalieux
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