Karine Lalieux, de l'audace et des convictions

Birmanie : il faut passer à l'action !



Birmanie : il faut passer à l'action !
L'ONG EarthRigthts International accuse les compagnies pétrolières présentes en Birmanie, dont la française Total et l'américaine Chevron, d'alimenter par les revenus du gaz les ambitions nucléaires de la junte et de se rendre complices de crimes.

L'ERI accuse également BNP Paribas de complicité car cette banque est utilisée comme agent payeur par Total. De plus, de hauts responsables de la junte birmane possèdent des comptes à la branche de Singapour de BNP Paribas.

Qui pourrait s'étonner de ces "révélations"?

Nous savons tous que, pour rester au pouvoir, la junte a besoin de soutien financier. Elle l'obtient de ces multinationales avides de profits au détriment de la démocratie.

De l'action citoyenne, des propositions de loi! Tant qu'aucune décison ferme ne sera prise aux niveaux européen et international, j'appelle les citoyens à boycotter ces entreprises.

J'appelle aussi à ce qu'au niveau belge, les autorités publiques donnent l'exemple en ne se fournissant plus chez Total.

Les candidats touristes de la Birmanie doivent également être informés de la situation dramatique de la population birmane avant de confirmer leur voyage. Plus généralement, des clauses concernant le respect des droits de l'homme et des droits sociaux devraient être incluses dans les marchés publics.
Il s'agit là d'une évidence pour un pays qui se veut démocratique comme la Belgique. Mais ce n'est pas encore le cas.

En tant que parlementaire de la législature précédente, je préparais une proposition en ce sens quand le gouvernement est tombé. Je suis en train de la terminer et la déposerai sous peu.

Du côté des banques, j'ai déposé sous l'ancienne législature, une proposition qui comprenait l'interdiction de tout financement depuis la Belgique d'entreprises ou de pays qui se rendent coupables de violation de droits reconnus dans des conventions internationales ratifiées par la Belgique et notamment de droits de l'homme, droits humanitaires et droits sociaux. Il s'agit d'une proposition relative à la création d'une agence financière que je compte bien redéposer au plus vite.

Déposer ces propositions ne suffira pas, il faudra que la majorité des parlementaires de bonne volonté votent ces encadrements indispensables.

En conclusion, la situation birmane est la preuve que la régulation de la finance touche également au respect des êtres humains. Ce n'est pas juste par idéologie que je réclame cette régulation, c'est parce que je vois, tout le monde voit, les dégâts humanitaires qu'une économie financière débridée provoquent.

Mercredi 7 Juillet 2010
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