Citibank : un procès symbolique
Hier matin s’ouvrait devant le Tribunal Correctionnel de Bruxelles le procès « Citibank ». C’est en quelque sorte une répétition générale : on acte d’abord les constitutions de partie civile. C’est-à-dire que toutes les personnes qui ont été grugées par la banque Citibank peuvent se joindre au procès. Il semble que plus de quatre milles personnes pourraient se constituer partie civile (actuellement, 1.564 plaintes et déclarations en dommage et intérêts ont été déposées auprès du Parquet).
Un procès exemplaire Ce procès est exemplaire et ce à plusieurs titres : D’abord il est rare qu’une banque se retrouve poursuivie au Pénal. C’est symboliquement fort, habituellement, pour étouffer leurs erreurs, les institutions financières accordent, dans une grande opacité, des compensations aux clients lésés. Ensuite, la crise financière, a montré combien les consommateurs se sont trouvés démunis face à leur banquier. Certains ont tout perdu ! Et les banquiers étaient soit aux abonnés absents ou reportaient la responsabilité sur leurs clients : Vous n’aviez qu’a lire correctement le fameux prospectus ! » Aujourd’hui, cette banque devra rendre des comptes publiquement et sera peut- être condamnée. Enfin, comme je le dénonce depuis longtemps, les banques développent des produits complexes et structurés qui ne correspondent pas aux besoins et aux demandes de la majorité des consommateurs. Depuis des années, elles poussent les « simples épargnants » à abandonner le carnet d’épargne (qui certes ne rapporte pas grand-chose mais qui est garanti), pour investir dans des produits toxiques, sans informations et explications transparentes (comme par exemple : est ce que la somme de départ est garantie ou non ?...). Quels sont les manquements reprochés à Citibank ? Plusieurs manquements sont reprochés à Citibank concernant la vente de ses produits structurés de Lehman Brothers, une banque américaine qui a fait faillite. D’abord, concernant la garantie des sommes investies, les différentes brochures publiées étaient soit inexactes soit trompeuses, puisqu’elles ne disaient rien sur le risque encouru. Ainsi, ces produits ont transformé de simples épargnants en spéculateurs. Ensuite, en s’appuyant sur la le peu de connaissance et l’incrédulité des personnes, la banque leur a fait signer des contrats incompréhensibles qui ne correspondaient aucunement à leur profil et leur besoin. Enfin, Citibank a fait miroiter à ses clients des gros bénéfices garantis évidemment plus élevés que sur un compte épargne, ce qui est un mensonge ! Rien n’est garanti lorsqu’il s’agit de la Bourse. Cette affaire, comme je le disais est révélatrice du peu de protection dont bénéficient les consommateurs en matière de produits financiers. C’est pourquoi, en octobre 2009, j’ai déposé une proposition de loi créant une agence de protection des consommateurs en matière financière pour qu’enfin se développe une réelle protection des consommateurs au niveau des produits financiers. Le gouvernement annonce des projets de loi et une participation active du Parlement, j’espère que tel sera bien le cas dès la rentrée de janvier. Mercredi 2 Décembre 2009
Karine Lalieux
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