Crise fniancière : l''Europe se cherche toujours !



Crise fniancière : l''Europe se cherche toujours !
Cette semaine, la Chambre a voté le projet de loi concernant la participation de l'Etat belge dans la société anonyme "European Financial Stability Facility". Petite explication technique. Depuis octobre 2010, cette société anonyme concrétise la création d’un fonds de garantie pour faire face à des situations de crise au sein d’un Etat européen. En 2013, ses fonds seront transférés au Mécanisme Européen de Stabilité qui sera géré par la Banque Centrale Européenne.

Ce projet de loi a pour but d’augmenter le fonds de garantie et de remplacer les termes « financement » et « prêts » par « assistance financière », termes plus larges permettant des interventions par conséquent plus importantes (notamment en termes de garantie lorsqu'un Etat doit emprunter sur le "marché"). Ces interventions ne se font pas sans contrepartie de la part de l’Etat aidé: des mesures de discipline budgétaire et de politique économique lui sont imposées.

Nous avons tous en tête les difficultés que rencontre la Grèce en ce moment. Cependant, cette assistance financière n’a pas été instituée que pour la Grèce mais vise à garantir une stabilité européenne générale. Il s’agit d’une solidarité essentielle entre Etats européens, la conscience que les difficultés de l’un peuvent toucher l’ensemble de l’Europe et qu’ensemble, on est toujours plus fort pour sortir des crises.

Il est donc clair que ce fonds de garantie ainsi que l’aide apportée à la Grèce sont indispensables. Les Etats européens ne peuvent rester inactifs face à un pays en grande difficulté, un État, la Grèce, dont certains prévoyaient la faillite pure et simple. Rendez-vous compte, l'impact considérable de la faillite d'un Etat ! Cela n'a pas de sens!

Une autre mesure a été prise au mois de juillet avec la mise à contribution des banques qui ont joué un rôle néfaste et déterminant dans les difficultés que rencontre la Grèce ou d'autres pays européens . Elles sont au cœur de la crise actuelle et, à ce titre, il fallait leur demander de participer également au fonds.

Mais ce n’est pas suffisant. Tout cela ne représente que des outils curatifs, il faut aller bien plus loin, il faut de la prévention.

Au lendemain de la crise de 2008, tout le monde criait « plus jamais ça », "on va remettre la finance au pas", "on va réguler et s'attaquer à la spéculation nocive",....

Les causes ont été clairement établies, les remèdes aussi. Des engagements structurels ont été pris (que se soit au G20, au conseil européen,...) mais aujourd'hui qu'en reste-t-il ?

  • agence de notation publique européenne: rien
  • division des banque selon leurs objectifs: rien
  • contrôle des mouvements spéculatifs: rien
  • bonus des grand patrons: sujet tabou
  • lutte contre les produits nocifs: presque rien

Presque rien n’aura été concrétisé pour éviter le retour d’une telle crise ! L’amnésie frappe les établissements financiers ainsi que certains politiques et surtout les grands décideurs européens et mondiaux.

Ce vote au Parlement n'est donc pas une fin, mais un début....

Seulement lorsqu'on voit ce qui s'est passé au Conseil européen des Ministres des Finances de ce week-end, nous ne sommes prêts d’y arriver.

Un dernier mot, une autre indécence dans ces crises, c'est l'austérité aveugle que certains proposent comme solution. Austérité qui , les fonctionnaire, les salaries, frappe les personnes âgées,...Et qui entraine l'absence de croissance économique.

Rigueur et réforme du système financier doivent être les objectifs de l'Union Européenne. Rigueur parce que des finances publiques saines sont gage d'avenir pour chacun et pour des politiques publiques ambitieuses de redistribution. Et nouvelles recettes financières en provenance du monde financier et de ceux et celles qui ont tiré et qui tirent encore aujourd'hui profit du laisser-faire de la finance casino....

Dimanche 18 Septembre 2011
Karine Lalieux
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