Febelfin : des paroles et encore des paroles...
Ce mardi 8 septembre, la Fédération belge du secteur financier (Febelfin) a tiré «ses leçons» de la crise financière devant un parterre de journalistes. Objectif : restaurer la confiance du client tout en s'excusant (enfin!) auprès de la clientèle «pour l'inquiétude causée».
Pour les excuses, c'est une première. Mais les termes utilisés sont un peu léger au regard non seulement des pertes causées à de nombreuses personnes qui ont cru leurs banquiers et leurs promesses de «return» mais aussi des dégâts collatéraux (comme ils pourraient les nommer). A savoir une crise économique d'une ampleur jamais égalée avec ses colonies de chômeurs, ses fermetures d'entreprises, le nouvel endettement des Etats,.... A la lecture de son document de travail intitulé "Réponse du secteur aux défis induits par la crise financière", un double sentiment m'envahit: d'une part je reste sur ma faim et d'autre part, je suis inquiète par certaines propositions. D'abord l'inquiétude: un simple exemple, le secteur financier va continuer à développer son programme «éducation et aptitudes financières». Si bien évidemment je crois qu'il faut former et surtout prévenir tout un chacun face aux risques financiers, aux risques de surendettement,... ce n'est pas au secteur lui-même de s'en charger ! Car c'est bien ce secteur qui nous a mené dans cette crise. Un secteur créatif qui a inventé de plus en plus de produits opaques, qui a trompé le consommateur en lui faisant miroiter des bénéfices fulgurants, qui a joué avec la méconnaissances des «simples» épargnants en les transformant en spéculateurs. Alors messieurs les banquiers ce n'est pas à vous d'éduquer mais bien à un organisme indépendant, public où les consommateurs et les partenaires sociaux seraient présents. La même chose quand les banquiers nous parlent de transparence. Il fallait peut-être y penser plus tôt. La traçabilité et la transparence sont une nécessité mais là aussi nous ne voulons pas d'autorégulation, de code de bonne conduite interne. Il faut des lois, des règlementations, et surtout un organisme contrôleur externe, fort, agissant à priori et pouvant donner des sanctions significatives. Ensuite, ce document de quelques pages ressemble plutôt à des incantations qu'à des actions concrètes. A cet égard, je citerai l'édito du journal Le Soir du mercredi 9 septembre écrit par Paul Gerard «blablabla...On peut se tromper (on espère même se tromper) mais ceci ressemble furieusement à un plan marketing masquant mal la hantise d'un secteur voir demain davantage règlemente». Comme je l'ai déjà dit et répété sur ce blog mais aussi au Parlement, c'est aux politiques à prendre leurs responsabilités. Et la Belgique peut agir sur de nombreux points sans attendre l'Europe ou le G20. Une fois de plus, il sera aisé de voir quel parti aura ou non envie d'agir. Pour rappel, ma proposition de création d’une agence de protection des consommateurs des produits financiers. Billet à lire ici Dimanche 13 Septembre 2009
Karine Lalieux
Lu 2721 fois
Ajouter un commentaire
|
Les derniers articles
Inscription à la lettre d'info
|
|
Karine Lalieux - Rue Drootbeek, 147 – 1020 Bruxelles
E-mail : klalieux@pslachambre.be |
|
