Fête des mères : encore trop de mortalité maternelle dans le monde

Dimanche, nous fêterons toutes les mamans mais malheureusement toutes ne seront pas à la fête et surtout celles qui vivent ou plutôt survivent dans les pays les moins développés.



Fête des mères : encore trop de mortalité maternelle dans le monde
Aujourd'hui, 1 femme africaine sur 20 risque de mourir en mettant un enfant au monde contre1 femme latino-américaine sur 160 et 1 sur 4000 dans les pays industrialisés.

Chaque année, ce sont plus de 500.000 femmes qui meurent encore des suites d’une grossesse ou d’une naissance. Dans de nombreuses régions du monde, le nombre de jeunes mères reste très élevé, dans la période 1995-2000, 14 millions d’adolescentes ont eu un enfant (entre15 et 19 ans).

On estime qu’en 2000, il a été procédé à environ 27 millions d’avortements légaux et 19 millions d’avortements illégaux et à risque et seulement 53% des femmes dans le monde accouchent avec l’aide d’un médecin ou d’une sage-femme. Enfin, 33 millions de personnes vivent avec le VIH. En Afrique subsaharienne, 60% des malades sont des femmes.

Ces chiffres alarmants montrent, dans quantité de pays en développement , le manque évident de moyens de contraception et de planning familial qui joueraient un rôle crucial dans la lutte contre la mortalité maternelle. Ces moyens (préservatifs, pilules, stérilets,…) permettraient, en effet, aux femmes de choisir si elles veulent des enfants, quand et combien elles en veulent et de permettre également de se protéger contre l’infection par le VIH.

Un des objectifs du millénaire est de réduire de 75% le taux de mortalité maternelle. Les résultats à ce jour sont loin d’être atteints et surtout en Afrique subsaharienne où aucun signe d’amélioration n’est apparu ces quinze dernières années !

Pour rappeler cette triste réalité, un ensemble de femmes parlementaires de tous les partis démocratiques ont ce jeudi midi occupé le péristyle de la Chambre et pour symboliser la mort de ces milliers de femmes se sont allongées dans des civières tout en rappelant les chiffres précités, pour rappeler l’urgence la situation au Gouvernement, parlement et médias.

Nous réclamons en matière de santé sexuelle et reproductive dans les pays en voie de développement :

  • un meilleur accès aux services de soins de santé reproductive ;
  • un meilleur accès à l’information et à la contraception ;
  • plus d’investissements dans la fabrication, la fourniture et la distribution de produits de base comme la pilules, les préservatifs, les médications contre le VIH et le matériel gynécologique.

Il faut que la coopération au développement tant belge qu’européenne renforce ses programmes et ses moyens en faveur de l’amélioration des systèmes de santé et particulièrement de son accessibilité envers les femmes.

C’est urgent car la situation risque encore de se dégrader avec la crise alimentaire et les changements climatiques qui vont entraîner une pénurie de nourriture et d’eau détériorant encore un peu plus les conditions de vie des femmes enceintes.

Je suis désolée pour ce billet peu réjouissant en cette veille de fête des mères mais cette réalité doit aussi être rappelée pour que ces mères du bout du monde ne tombent pas dans l’oubli.


Vendredi 9 Mai 2008
Karine Lalieux
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