Karine Lalieux, de l'audace et des convictions

Karine Lalieux et Jean Cornil se sont rendus à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie



Karine Lalieux et Jean Cornil se sont rendus à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie
A lire sur le site du www.ps.be

Les députés Karine Lalieux et Jean Cornil (accompagnés de la députée Ecolo Juliette Boulet et du député Cdh Georges Dallemagne ont répondu à l’invitation de l’association Actions Birmanie de se rendre à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie.

L’ensemble des récits, des rencontres, leur ont montré d’une part la violence aveugle de la Junte militaire birmane et d’autre part la détermination des hommes et des femmes birmans qu’ils soient politiques, minorités ethniques, journalistes, médecins, étudiants, moines ou simples citoyens.

Leurs capacités de dépassement, de se fédérer, leurs dignités, leurs courages ne peuvent rester lettre morte.

La Belgique, l’Europe, les Nations-Unies doivent être à leurs côtés, aujourd’hui, dans ces moments critiques tant pour la Ligue Nationale Démocratique (LND), parti Aung San Suu Kyi que pour les minorités ethniques et tout les démocrates et citoyens birmans.

De retour de mission, leur travail de parlementaires commence.

Karine Lalieux et Jean Cornil porteront les revendications et les demandes suivantes:

1. Soutenir la mise en place d’une Commission d’enquête internationale sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité déjà dénoncés par le rapporteur spéciale des NU. La semaine dernière le Gouvernement Britannique a soutenu cette proposition la Belgique et l’Europe entière doivent rejoindre cette position. Les témoignages que nous avons entendus sur le travail forcé, l’enrôlement d’enfants soldats, les viols, les assassinats, le harcèlement des minorités, les emprisonnements arbitraires, l’utilisation de mines anti-personnelles dans des zones civiles sont autant de preuves pour traduire les Généraux devant la Tribunal Pénal International.

2. Exiger la cessation immédiate des attaques contre les minorités ethniques (qui après de longues négociations se sont fédérées et ne demandent plus l’indépendance mais bien une autonomie dans un Etat fédéral). Les attaques sont constantes, d’ailleurs un camp de déplacés a été attaqué deux jours après notre visite. La Junte pratique la politique du harcèlement, et de la dissémination des minorités ethniques.

3. Demander le maintien de l’aide humanitaire pour les camps de réfugiés en Thaïlande et dans les camps de déplacés. En effet, depuis la mise en place de la farce électorale la Commission Européenne et d’autres donateurs diminuent les aides financières dans ces camps pour privilégier l’aide à l’intérieur de la Birmanie. Cela crée des désastres tant du point de vue de la santé que de la malnutrition.

Karine Lalieux et Jean Cornil se sont rendus à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie
4. Placer les camps de réfugiés sous la protection du HCR. C’est d’ailleurs ce que demandent 10 ambassadeurs de l’EU qui ont récemment visité ces camps et ce que refuse aujourd’hui la Thaïlande (surtout l’armée thaïlandaise).

5. Dénoncer le processus électoral mis en place par la Junte, cette farce à laquelle la LND ne participera pas. Il faut rappeler que ce processus électoral est basé sur une Constitution instituée suite à un référendum sans contrôle de la communauté internationale. Cette «nouvelle Constitution» viole les Droits de l’Homme au nom de la tranquillité publique, garanti l’immunité aux officiers du Régime, ne reconnaît pas les minorités dans leurs droits culturels et autres, maintien les militaires (qui auront certes enfilés des habits civils) aux postes ministériels fondamentaux (défense, intérieur,…), garanti 25% des sièges aux militaires et interdit aux prisonniers politiques de se présenter aux élections.

6. Exiger avant tout processus électoral: de relâcher tous les prisonniers politiques et qu’ils puissent se présenter aux élections; de cesser toutes les hostilités contre les minorités ethniques et les forces pro-démocratiques; d’ouvrir le dialogue et de revoir la Constitution.

7. Maintenir et renforcer les sanctions ciblées contre le régime birman (tout les témoignages vont dans le même sens : les sanctions n’atteignent pas la population, il faut donc les maintenir). Notamment en interdisant l’utilisation de l’euro.

8. Enfin, exiger que l’Union européenne demande aux représentants del’ASEAN de retirer les compétences à l’Ambassadeur de Birmanie. En effet, c’est lui qui est compétent pour les Droits de l’Homme!

Karine Lalieux, Jean Cornil et leurs collègues Juliette Boulet et Georges Dallemagne déposeront après Pâques une proposition de résolution reprenant ces exigences et demandant à la Belgique de mettre la situation de la Birmanie à l’ordre du jour d’un Conseil lors de la Présidence Belge.

Un rendez-vous a été d’ores et déjà demander au Ministre des Affaires Etrangères, et des démarches similaires seront faites auprès de Madame Ashton, Monsieur Van Rompuy, et de la Commissaire à la Coopération au Développement.

Des députés européens ont déjà été mobilisés pour qu’ils entament des démarches au niveau du Parlement Européen.

Mercredi 31 Mars 2010
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