Le futur gouvernement devra continuer à s’opposer à la libéralisation totale du secteur postal, même en 2011



Le vote intervenu hier au Parlement européen pour soutenir l’ouverture totale du marché postal en 2011 est très inquiétant.

Très inquiétant puisqu’il donne l’impression qu’en reportant de deux ans l’ouverture totale du marché telle que prévue par la Commission, on a répondu aux inquiétudes de certains opérateurs postaux, des syndicats et des travailleurs, de certaines associations de consommateurs, de certains partis politiques…

Or, aucune des inquiétudes fondamentales ne peut être levée par le compromis dégagé par le Parlement européen. On donne un peu de temps, mais on ne répond pas aux questions essentielles :

  • comment financer le service universel ?

Le Parlement européen suit toutes les propositions de la Commision et ne rechigne même pas à suggérer que ce soit le client qui supporte le coût !

  • comment garantir l’emploi et la qualité de l’emploi dans un secteur qui va devoir encaisser le choc de la libéralisation totale ?

Le Parlement européen pense que la directive n’aura pas de conséquence sociale. C’est une pieuse conviction, ni plus ni moins puisque la directive n’avance aucune mesure qui empêcherait au niveau de l’Union toute tentative de dumping social.

Lors de la précédente législature, le groupe PS est immédiatement monté au créneau pour dénoncer les dangers de la proposition de la Commission et refuser l’inscription d’une date butoir. Les socialistes ont été à l’initiative d’une résolution qui demande au gouvernement de remettre en cause la directive postale tant qu’un financement sérieux du service universel n’est pas garanti, tant que n’est pas apportée la preuve d’une éventuelle plus value pour les citoyens et pour les travailleurs du secteur postal.

Après le vote du Parlement européen, c’est maintenant au Conseil de se prononcer. La balle est donc dans le camp des gouvernements. Le groupe PS de la Chambre demande au prochain gouvernement de ne pas céder aux sirènes ultra-libérales et de respecter les termes de sa résolution qui avait recueilli à l’époque l’unanimité.




Jeudi 12 Juillet 2007
Karine Lalieux
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