Leterme : un nouveau gâchis



Leterme : un nouveau gâchis
Alors que le Gouvernement était parvenu à l’équilibre budgétaire, avait même dégagé des marges budgétaires (pas mirobolantes mais un vrai effort avait été accompli) pour renforcer le pouvoir d’achat, avait programmé jusqu’en 2011, une large réforme sociale et fiscale en faveur des travailleurs les plus fragilisés, des familles et des pensionnés, le Premier s’est sabordé hier soir. Par peur de l’extrémiste Président de la NVA Bart De Wever ? Par peur des plus extrêmes de son propre parti ?

Pourtant que réclament depuis des mois les gens mais aussi les syndicats et les patrons ? Non seulement, une prise en compte de la situation économique difficile mais aussi de la stabilité et des mesures urgentes et non la symbolique scission de l’arrondissement BHV et un grand round institutionnel.

Il est vrai que lorsque l’on constitue un cartel avec un parti vraiment séparatiste (la NVA) et que lors de la campagne on ment à ses électeurs en leurs promettant la lune en matière institutionnelle, en leurs faisant croire qu’une fois de retour au pouvoir, il ne « faudrait que cinq minutes de courage politique pour scinder BHV », en se sentant surpuissant, en voulant imposer la loi du nombre, il est évidemment difficile de faire face à ses mêmes électeurs quelques mois plus tard avec un bilan en matière institutionnelle proche de ZERO.

A qui la faute Monsieur Leterme ? Aux méchants francophones, qui depuis les élections de juin sont unis et parlent (en matière institutionnelle) d’une voix, aux francophones qui rappellent que la Région Bruxelloise n’est ni à vendre ni à cogérer et que les droits des francophones de la périphérie doivent être maintenus, aux francophones qui soutiennent que la solidarité interpersonnelle est fondamentale ?

NON, mais sans doute vous ont-ils surpris car eux parlent d’une seule voix pendant que les politiques flamands font de la surenchère, sans pouvoir tenir leurs promesses.

Les francophones ne sont pas les responsables de votre nouvel échec. Et comme ils l'ont encore répété aujourd’hui pour la nième fois, tous les partis francophones savent qu’une grande réforme institutionnelle devra avoir lieu pour maintenir ce pays à flots et pour qu’il retrouve un certain équilibre et une certaine stabilité. Ils sont ouverts au dialogue, ils sont TOUS autour de la table (contrairement aux partis flamands) mais ils ne travailleront ni sous la menace et le chantage, ni dans la précipitation ou ni face à des ukases et des dates butoirs.

Que la Flandre reprenne son sang froid, commence à entendre l’autre et à vraiment négocier et non à imposer. Nous sortirons alors peut-être de la crise.

Encore une fois, nous nous devons de répondre aux besoins réels de nos concitoyens et de manière urgente. C’est là le vrai devoir des femmes et des hommes politiques qu'ils soient du Nord ou du Sud !

Mardi 15 Juillet 2008
Karine Lalieux
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