Parce que Bruxelles le vaut bien



Parce que Bruxelles le vaut bien
Depuis le début de la semaine, on sent que les cartables sont remplis, que chacun fourbit ses « armes », que les médias sont à l’affût et que le gong de la rentrée a sonné. Interviews télévisées, radios, écrites, débats des Présidents de partis, de chaque côté de la frontière linguistique nos ténors se repositionnent.

Au travers toutes leurs déclarations, il y-a-t-il du neuf ? Est-ce que le Nord et le Sud ont enfin une position commune ?

D’abord, pour les partis francophones, tous sont aujourd’hui d’accord pour dire que cette réforme sera une grande réforme institutionnelle qui nous mènera sans doute vers un Etat confédéral. Mais tous estiment qu’il faudra prendre le temps et ajoutent que cette réforme se fera uniquement si elle est équilibrée et qu’elle ne défavorise ni les wallons ni les bruxellois. Autre constat, le front francophone est toujours, même après un an de dilettante, toujours aussi uni (ce qui crispe grandement les flamands). Dernière exigence, que Bruxelles soit considérée comme une Région à part entière et que donc son Ministre-Président soit aux côtés des Ministres-Présidents wallon et flamand. Rien de plus légitime et constitutionnel (j’y reviendrai).

Quant aux partis flamands, ils veulent tous, bien évidemment, une grande réforme institutionnelle, rien de neuf. Mais, ce qui est nouveau c’est qu’aujourd’hui, presque tous acceptent de dire que cela prendra du temps et que tout ne sera pas bouclé avant juin 2009 (élections régionales). Autre nouveauté : les positions sur Bruxelles divergent. Il n’y a plus de front uni ce qui pourrait, peut-être, les affaiblir.

Revenons à Bruxelles : ce matin, tant Rudy Demotte que Charles Picqué, répétaient sur les ondes de la RTBF et de Bel RTL que la condition sine qua non pour commencer les négociations était que Bruxelles soit dès le début à la table des négociations. Qu’en aucun cas, ils n’accepteraient le vieux fantasme de la Flandre à savoir la cogestion de Bruxelles par les Flamands de Flandre et les Francophones de Wallonie avec en point de mire, évidemment une supériorité de la Flandre puisqu’elle aura plus d’argent à investir et comme point final son absorption, comme le rappelle Charles Picqué dans une interview ce matin.

Parce que Bruxelles le vaut bien
Alors si les politiques flamands et, en particulier le CD&V et la NVA, veulent réellement commencer à négocier, ils savent ce qu’ils ont à accepter, à savoir, le simple respect de la réalité institutionnelle belge. Certains ont pu le comprendre, comme le VLD et le sp.a. D’’autres plus obtus, toujours les mêmes, ne veulent rien entendre, à en croire les déclarations du Ministre-Président Flamand, Kris Peeters (CD&V).

Pourquoi cette obstination, pourquoi ce désamour et ce mépris? Par peur ? Peur qu’à la table des négociations cela soit deux (Wallonie / Bruxelles) contre un (Flandre) ? Parce que l’annexion de Bruxelles est dans leur agenda caché ? Parce qu’ils y sont minoritaires à Bruxelles (et qu’eux ont l’habitude de maltraiter leurs minorités ? Parce qu’ils nous croient incapables de gérer correctement ? Ou encore parce que simplement les bruxellois francophones et néerlandophones, politiques ou citoyens vivent en bonne entente en construisant des projets sans repli identitaire et sans exclusion ?

Je ne sais pas quel est l’argument qui prime en Flandre (peut-être un peu de tout) mais si Bruxelles se rapproche de la Wallonie, c’est évidemment parce qu’il il y une culture et une langue commune mais surtout parque cette Région nous reconnaît comme son égale, veut développer des projets en commun et surtout sait que Bruxelles représente au niveau économique, européen et international une vraie plus value.

Alors, comme en appelle, Charles Picqué, il faut non seulement que tout les politiques bruxellois francophones et néerlandophones soient unis autour de Bruxelles mais aussi que la société civile, les intellectuels, les culturels et l’ensemble des bruxellois se mobilisent autour de cette enjeu, fondamental.

Mercredi 3 Septembre 2008
Karine Lalieux
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