Pouvoir d'achat : tout le monde n'est pas égal face au coût de la vie !

« La vie était plus chère avant », voila comment titre aujourd’hui Le Soir un article en une des page économique suite à une étude réalisée par l’économiste Philippe Defeyt (ex Président d’Ecolo et actuel président du CPAS de Namur), directeur de l’Institut pour un développement durable.



Alors oui, sans doute théoriquement, proportionnellement « aux minutes de travail et au salaire moyen» comme il l’a calculé mais sans aucun lien avec les réalités actuelles des familles, avec leurs dépenses très concrètes…

Et si la vie semble plus chère aux familles, dit-il, c’est uniquement parce que les habitudes de consommation ont changé et il suffirait d’être un peu plus raisonnable pour que tout le monde retrouve le sourire…

Si on vous suit (ce que n’hésitera pas à faire la FEB ou les libéraux notamment lors des prochaines négociations salariales entre les partenaires sociaux), Monsieur le Directeur, le gouvernement ne doit donc plus rien faire pour le pouvoir d’achat des travailleurs, alors face à de tels propos, moi qui plaide depuis des mois pour un observatoire des prix, je n’ai pu m’empêcher de réagir.

Pouvoir d'achat : tout le monde n'est pas égal face au coût de la vie !
Monsieur Defeyt annonce aujourd’hui, à travers une étude, qu’il n’y a pas de perte du pouvoir d’achat sur le long terme.

Dans un climat extrêmement sensible où d’aucuns pourraient utiliser de telles conclusions pour paralyser l’action du Gouvernement, la députée PS Karine Lalieux regrette que l’étude de M. Defeyt ne tienne pas davantage compte de la réalité vécue par des milliers de citoyens.

Qu’on ne s’y trompe pas : en aucun cas la députée ne remet en question le sérieux de cette étude ni ne conteste les chiffres qui en ressortent. Néanmoins, dans une précédente étude, Monsieur Defeyt chiffrait à plus de 400 euro par an le coût de l'augmentation de la vie, liée à la hausse des prix de produits comme les pommes de terre, le lait, l'énergie, etc. pour les revenus les plus bas et préconisait même comme solution de revoir le calcul et le panier de l'index! Solution bien dangereuse aux yeux de Karine Lalieux.

Pour en revenir à sa dernière étude, Karine Lalieux tient à nuancer sérieusement les conclusions qui sont faites et qui ne tiennent absolument pas compte de l’évolution de notre société. En effet on peut faire dire n’importe quoi aux chiffres, si on ne tient pas compte de la réalité qui les entoure !

Ainsi Monsieur Defeyt compare deux époques différentes : aujourd’hui et il y a 25 ans. Selon lui, « l'impression de perte du pouvoir d'achat provient de l'apparition de produits culturellement ou technologiquement plus récents comme les GPS, les GSM, les citytrips… ». Et de conclure : « je suis optimiste par rapport au pouvoir d’achat, pour autant que les gens recadrent leur manière de consommer ».

Mais il oublie que les besoins ne sont plus les mêmes ! Ainsi M. Defeyt considère-t-il que l’accès à Internet est un produit de luxe, parce qu’il n’existait pas il y a 25 ans ? Pour le PS, au contraire, l’accès aux nouvelles technologies est devenu un besoin fondamental : que ce soit pour faire des recherches, postuler à un emploi, chercher le logement le moins cher, Internet est devenu indispensable.

L’étude en question ne fait par ailleurs aucune référence à l’évolution de la distribution des revenus depuis 25 ans. La masse globale des salaires a évolué, certes. Mais cette évolution n’est pas répartie équitablement. On le voyait encore récemment avec la publication des salaires ahurissants de certains grands patrons : tout le monde n’a pas bénéficié de la même évolution salariale ! Et que dire des usagers du CPAS, qui ne bénéficient pas du mécanisme d’indexation ? Monsieur Defeyt, Président (Ecolo) du CPAS de Namur, ne devrait pourtant pas ignorer cette réalité !

Comme elle l’a déjà fait à plusieurs reprises, Karine Lalieux appelle donc au plus vite à la concrétisation de l’observatoire du coût de la vie, qui fournirait une analyse objective de l’évolution des prix et permettrait au Gouvernement d’intervenir en cas d’abus.


Le communiqué est également repris sur le site du PS

Jeudi 29 Mai 2008
Karine Lalieux
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