Karine Lalieux, de l'audace et des convictions

Gay Pride : le droit d'aimer en toute liberté



Gay Pride : le droit d'aimer en toute liberté
La Gay Pride de ce samedi est l’occasion de faire le point sur mes combats et ceux des socialistes contre les discriminations et pour l’égalité de traitement de tous par tous.

Certaines avancées sont spécifiquement liées à l’homosexualité et à la transsexualité mais d’autres touchent aux discriminations envers toute personne appartenant à une catégorie de gens stigmatisés : les femmes, les personnes d’origine immigrée, les exclus sociaux, les personnes âgées, les personnes ayants un handicap …

En effet, la loi anti-discrimination a été votée le 10 mai 2007, à l’initiative de la Ministre Laurette Onkelinx. Elle vise à lutter contre toute discrimination sur le lieu de travail ou de formation, discrimination fondée sur l'âge, l'orientation sexuelle, l'état civil, la naissance, la fortune, la conviction religieuse ou philosophique, la conviction politique, la conviction syndicale, la langue, l'état de santé actuel ou futur, un handicap, une caractéristique physique ou génétique ou l'origine sociale.

Vous le voyez, la liste est longue des personnes que la société stigmatise, exclut ou maltraite. Toute l’énergie des politiques est nécessaire pour que cette liste disparaisse peu à peu.

Une autre loi adoptée à la même date reconnaît à toute personne la possibilité de déclarer sa nouvelle appartenance sexuelle à l’Officier de l’Etat civil et apporte une reconnaissance à toutes les personnes qui ont la conviction intime d'appartenir au sexe opposé à celui qui est indiqué dans l'acte de naissance.

En ce qui concerne le mariage pour les couples homosexuels, il fut ouvert en 2003. Et en 2006, à l'initiative entre autres des socialistes a été votée la loi qui reconnait la possibilité aux couples homosexuels d’adopter des enfants. J’ai porté à bras le corps cette loi, les débats furent parfois durs, mais j’étais convaincue de sa justesse. Mais une fois la loi votée, il faut s’assurer qu’elle soit correctement appliquée. C’est pourquoi, il y a quelques mois, j’ai interpelé la Ministre sur l’impossibilité administrative de mettre les deux parents du même sexe sur la carte d’identité de l’enfant: c’est, depuis lors, devenu possible.

Finalement, il s’agit de lois qui visent à traiter de manière égale toute personne, quelle que soit son orientation sexuelle.

Début des années 2000, lorsque ces débats ont eu lieu au Parlement, l’issue était incertaine car nous ne savions pas si nous avions une majorité ou pas. De plus, si les députés progressistes anticipaient l’évolution des mentalités, nous ne connaissions pas les réactions des citoyens et de la presse. Il fallait donc avoir du courage et des convictions.

Alors, lorsque aujourd’hui, le MR se déclare “pour le mariage et l’adoption des couples homosexuels”, je leur réponds que ce n’est pas maintenant qu’il fallait être “pour” mais il y a 10 ans, quand une grande majorité voyait encore cela d’un mauvais œil ! Dont d’ailleurs une majorité de députés MR. Je me souviens, encore, de propos de certaines députées libérales à la tribune qui étaient à la limite de l’homophobie.

Faire de la politique, ce n’est pas applaudir après le spectacle, quand les mesures ont été adoptées, en simple spectateur! Il faut être acteur et cela nécessite parfois du courage. Force est de constater qu’il ne fut pas toujours présent du côté des réformateurs!

Mais aussi, où était le MR lorsque que le Bourgmestre libéral De Donnea a renvoyé le cortège de la Gay Pride en dehors du centre ville, pour le cacher aux yeux des Bruxellois ? M. De Donnea qui sera présent sur la liste MR pour les élections communales

Mais les lois ne suffisent pas, il faut aussi faire évoluer les mentalités. L’homophobie sévit toujours, et l’assassinat du jeune homosexuel de Liège, nous le rappelle cruellement.

C’est pourquoi, il faut des mesures très concrètes sur le terrain, c’est ce que les socialistes ont fait à la Ville de Bruxelles.

En effet, nous avons mis en place des modules d’éducation à la vie affective et sexuelle au sein des écoles afin d’être à l’écoute des adolescents et de promouvoir la tolérance des uns vis-à-vis des autres. Nous avons également mis en place une formation spécifique des policiers à l’accueil de toute personne victime d’homophobie, de violence conjugale ou de sexisme. Le Bourgmestre a conclu un accord avec le Parquet afin que les faits, tels que les insultes homophobe ou sexiste, les coups et blessures sans gravité, les agressions ne soient plus classées sans suite mais puissent faire l’objet d’amendes administratives pour contrer le sentiment d’impunité qui régnait jusqu’à présent.

La lutte contre toute forme de haine et d’exclusion est permanente et la vigilance sans relâche.

Vendredi 11 Mai 2012
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