Karine Lalieux, de l'audace et des convictions

Instauration de la Commission spéciale sur les abus sexuels dans l'église



Instauration de la Commission spéciale sur les abus sexuels dans l'église
Voici le texte que j'ai lu hier en séance plénière en vue de l'instauration de la Commission spéciale sur les abus sexuels dans l'église. Commission dont j'ai été nommée présidente.

Cette commission spéciale va, avant tout, se mettre au service des victimes.

La publication du rapport Adriaenssens a provoqué une véritable secousse en Belgique de par les faits dénoncés et cet insupportable silence qui nous oblige aujourd’hui à réagir.

Son objectif est double. Nous voulons d’abord comprendre pourquoi il a fallu autant de temps pour que les victimes osent parler. Nous voulons ensuite vérifier la séparation de l’État et de l’Église. En réponse aux déclarations du primat de Belgique, hier à la RTBF, je voudrais lui rappeler que, dans notre pays, c’est la justice des hommes qui décide de la culpabilité et de la sanction à imposer.

Nous avons une grande responsabilité. Nous devrons accomplir un travail de qualité, sans effet de manche ni voyeurisme. Le risque est grand qu'une commission d'enquête parlementaire menace le bon déroulement des procédures en cours. Mais, même si je suis convaincue que nous pourrons travailler convenablement dans la commission spéciale, s'il devait y avoir des entraves au travail de cette commission, nous demanderions de la transformer en commission d'enquête.

Cette commission doit rester dans le cadre que le président vient de rappeler. Ce n'est pas le double de la commission Adriaenssens. Elle doit répondre aux questions légitimes des victimes et s'assurer de la séparation de l'État et des Églises et de l'indépendance de la Justice.

Nous ne serons pas une chambre d'écoute, ni des juges d'instruction, ni des psychologues, ni des psychiatres. Nous ne tenons pas à ajouter de la confusion à la confusion actuelle.

Nous continuons à penser que les victimes doivent porter plainte et faire condamner leurs abuseurs. J'espère que nous pourrons travailler en toute sérénité et que des recommandations fortes sortiront de cette commission.


Compte rendu analytique de la séance plénière de ce 28 octobre ici

JT RTL Tvi 28/10/2010 : Pédophilie au sein de l'Eglise: que va faire la nouvelle commission ?

JT RTL Tvi 28/10/2010 : Pédophilie au sein de l'Eglise: que va faire la nouvelle commission ?

Le chef de l'Eglise catholique, Monseigneur Léonard, a prôné mercredi la clémence pour les ecclésiastiques les plus âgés coupables d'abus sur des jeunes. C'est dans ce contexte chahuté que la Chambre s'apprête à mettre sur pied une Commission spéciale sur les abus sexuels.

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Libre Belgique 29/10/2010 : "Pas une vengeance contre l’Eglise mais il est temps que justice soit faite !"

Instauration de la Commission spéciale sur les abus sexuels dans l'église
Libre Belgique 29/10/2010 : "Pas une vengeance contre l’Eglise mais il est temps que justice soit faite !"

La Chambre a voté à l’unanimité jeudi la constitution d’une commission spéciale relative au traitement des faits de pédophilie dans une relation d’autorité, en particulier au sein de l’Eglise. Rencontre avec sa présidente, Karine Lalieux (PS).

Quels seront ses objectifs ?

Ce sera une commission spéciale au service des victimes, répondant ainsi à une des missions et devoirs du Parlement. Le pays a vécu un vrai séisme en apprenant qu’il y avait 500 victimes d’abus sexuels dans l’Eglise.

Face à ce constat, nous voulons d’abord étudier pourquoi il a fallu autant de temps pour rompre ce silence. Pourquoi les victimes ne se sont-elles pas adressées plus tôt à la Justice ? La deuxième visée est de voir s’il y a bien eu séparation de l’Eglise et de l’Etat; on se demandera si la Justice a toujours été indépendante dans ces dossiers.

En tant que présidente, je voudrais aussi répondre en quelque sorte aux propos de Mgr Léonard en les appliquant à la commission : elle ne sera en rien une vengeance contre l’Eglise mais le souhait est que ça ne se reproduise plus jamais.

La suite de l'article à lire ici

lefigaro.fr 28/10/2010 : Église belge/pédophilie: fin de l'"omerta"?

Instauration de la Commission spéciale sur les abus sexuels dans l'église
lefigaro.fr - dépêche AFP 28/10/2010 : Église belge/pédophilie: fin de l'"omerta"?

Les députés ont mis sur pied aujourd'hui en Belgique une commission parlementaire sur les sévices sexuels infligés par des prêtres, afin de briser l'"omerta" qui a régné dans ce pays jusqu'à l'éclatement au printemps dernier de scandales pédophiles au sein de l'Eglise catholique belge.

Les 131 députés présents ont voté en séance plénière en faveur de la création de cette commission, qui sera composée de 13 députés et qui devra rendre son rapport d'ici au 7 avril 2011. "La loi du silence doit être rompue. Nous voulons la fin d'une telle omerta", a déclaré le député écologiste flamand Stefaan Van Hecke, désigné vice-président de cette commission.

L'idée de cette commission a germé après la publication en septembre des témoignages de près de 500 personnes accusant des ecclésiastiques d'avoir abusé d'eux pendant leur jeunesse, des faits commis pour la plupart des années 1950 aux années 1980.

Les propos du primat de l'Eglise catholique de Belgique, André-Joseph Léonard, qui a affirmé mercredi que traduire les ecclésiastiques pédophiles âgés en justice reviendrait à exercer "une sorte de vengeance", ont été cités par plusieurs députés comme une raison supplémentaire de mettre en place cette commission.

Celle-ci devra notamment déterminer les raisons qui ont poussé de nombreuses victimes à ne pas porter plainte. Le rôle de l'Eglise, accusée d'avoir étouffé des affaires, sera examiné, mais aussi un certain manque d'attention et de réactivité du pouvoir judiciaire dans ce domaine.

L'élu centriste Christian Brotcorne a quant à lui regretté que la justice ait "délégué" une partie de ses prérogatives en signant un accord de coopération avec l'instance mise en place par l'Eglise pour traiter les cas de pédophilie en son sein.

"En démocratie, c'est la justice des hommes qui décide si vous êtes coupables et quelles doivent être les sanctions", a martelé la socialiste francophone Karine Lalieux, présidente de la nouvelle commission.

lefigaro.fr

Vendredi 29 Octobre 2010
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