Karine Lalieux, de l'audace et des convictions

Le rapport sur la crise bancaire et financière : une étape dans l’action pour un changement du capitalisme effréné



Le rapport sur la crise bancaire et financière : une étape dans l’action pour un changement du capitalisme effréné
L’actualité est malheureusement toujours à la crise libérale tant financière que économique.

Toujours vigilante, il y a une semaine, j’interrogeais le Ministre des Finances sur ses intentions de créer un «Institut d’éducation financière». Sa réponse est loin de m’avoir convaincue ! En effet, elle révèle une volonté de mettre la responsabilité du choix des investissements exclusivement sur les épargnants et les consommateurs. Elle montre également, le refus du Ministre MR de prendre en compte, malgré son évidence, la partialité de la CBFA dans ses relations avec les banques.

Le Ministre Reynders a créé un groupe de travail pour mettre sur pied cet Institut, mais bien évidemment, il n’y a que des banquiers qui y sont représentés ! Comme je l’ai dit en commission, je m'étonne que le groupe de travail informel ne comporte aucun consommateur. J'ai le sentiment que l'éducation du consommateur servira de prétexte pour n'imposer aucune exigence aux banques. Ces exigences sont pourtant devenues incontournables suite aux abus bancaires qu’a révélés la crise financière. La compétence de protection des consommateurs, que nous devrions favoriser, devrait être retirée à la CBFA et confiée à une administration indépendante. C’est pourquoi, dès le mois de novembre, j’ai déposé une proposition de loi qui crée une Agence de protection des consommateurs de produits financiers.

Par ailleurs, le Parlement votait hier après-midi le rapport de la commission spéciale chargée d'examiner la crise financière et bancaire. Et, heureusement, grâce au travail acharné des Socialistes dont Yvan Mayeur, nous avons pu voter les recommandations de la Commission spéciale que nous avons mises sur la table et soutenues, à savoir :

  • la transparence et la traçabilité des produits financiers ;
  • le renforcement du contrôle des banques et des assurances par la Banque nationale ;
  • la suppression des paradis fiscaux ;
  • l’éradication du secret bancaire ; la distinction nette entre les banques de dépôt et les banques commerciales;
  • une réglementation stricte en matière de rémunérations des administrateurs (interdiction des bonus liés aux hausses boursières, l’interdiction de prime à la contre-performance, …);
  • et, bien sûr, la création d’une Agence de contrôle des produits financiers pour protéger les consommateurs et épargnants.

Une étape dans l’action pour un changement du capitalisme effréné, une étape importante qui en encourage beaucoup d’autres ! Car il semble bien qu’après avoir crié, main sur le cœur, qu’ils étaient pour la régulation financière, les libéraux ne puissent pas mettre en cohérence leurs paroles avec leurs actes. Cela montre, une fois de plus, qu’ils ne peuvent faire se rencontrer leurs illusions capitalistes de la main invisible avec… la réalité !

Jeudi 30 Avril 2009
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