Karine Lalieux, de l'audace et des convictions

Les conseils d'administration des entreprises publiques et privées dorénavant plus ouverts aux femmes.



Les conseils d'administration des entreprises publiques et privées dorénavant plus ouverts aux femmes.
Après de longs mois et même années de négociations, de discussions, d'auditions, d'avis du Conseil d'Etat..., la Chambre a voté jeudi dernier la loi proposée par le PS portant reforme d'une part à la loi de 1991 sur les entreprises publiques autonomes ( SNCB, BPOST, Belgacom, Loterie Nationale) et d'autre part, au Code des sociétés.

L'objectif est clair : instaurer un quota de minimum un tiers de chaque sexe dans les conseils d'administration des entreprises cotées en bourse et dans les entreprises publiques autonomes. Avec une période d'adaptation différentes pour le public et le privé, car l'Etat doit montrer l'exemple. En effet, pour les EPA, l'obligation sera valable dès l'année prochaine et pour le privé, le délai d'instauration est fixé à 6 ans pour les grosses entreprises et 8 ans pour les PME. Passée cette période d’adaptation, le non-respect de la loi entraînera la nullité des nominations et la suppression des avantages financiers liés au mandat d’administrateur. Redisons enfin que les seules entreprises cotées en bourse sont concernées par cette loi.

Ainsi, les parlementaires ont souhaité mettre fin à une injustice flagrante. Déjà sous la précédente législature avec des collègues, j'avais déposée une proposition de même nature. Elle avait déjà suscité des réaction très vives de la part essentiellement des patrons et de la FEB.

Pourtant, les femmes composent 55% de la population belge, mais elles ne représentent que 8% des administrateurs dans les sociétés. L'injustice est manifeste. Longtemps les patrons et la FEB nous ont parlé d'auto-régulation, que tout ça allait venir rapidement, qu'ils nous en faisaient la promesse. Mais qu'a-t-on pu constater ? De l'immobilisme, rien que de l'immobiliste en Belgique comme ailleurs!

Une étude réalisée a même démontré qu'il faudrait des dizaines d'années encore si on comptait sur la bonne volonté des entreprises.

Donc la seule solution a été de passer par la phase contrainte avec des sanctions à la clé. Même les pays considérés comme les plus égalitaires, la Norvège par exemple, passent par les quotas. Naturellement , les homme "se protègent" et cooptent les "leurs". Et il ne s'agit en aucun cas de compétence ou d'efficacité juste de protectionnisme masculin.

C'est une réelle victoire pour toutes les femmes et également le monde du travail.

Cette proposition de loi a été votée au Parlement avec une courte majorité :

-71 oui (PS, sp.a, Ecolo-Groen, Cd&v)
-54 non (Nva, Open VLD, VB et LDD et quelques députés MR)
-16 abstention (MR et 1 députée Open Vld)

Lundi 20 Juin 2011
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