Karine Lalieux, de l'audace et des convictions

Les priorités du CPAS de la Ville de Bruxelles pour les 6 années à venir



Les priorités du CPAS de la Ville de Bruxelles pour les 6 années à venir
Faisant suite à l’installation, ce 1er mars, du nouveau Conseil d’action sociale du CPAS de la Ville de Bruxelles et à mon élection en tant que Présidente, j'ai présenté ce matin aux Conseillers mon programme de politique générale 2019-2024. Les lignes fortes de mon action viseront en priorité les publics les plus vulnérables : les femmes, les enfants, les familles monoparentales, les personnes sans-abris,… La prise en charge globale des usagers sera privilégiée et la transversalité entre les services sera renforcée.

Vu la précarité grandissante des personnes vivant sur le sol bruxellois et la pauvreté infantile, le rôle du CPAS est plus que jamais indispensable. L’urgence sociale appelle à une réaction forte des pouvoirs publics. Volontariste et déterminé à agir là où les besoins sont criants, le CPAS poursuivra avec la Ville son engagement à utiliser les leviers les plus variés et audacieux possibles pour lutter contre les inégalités. Ainsi, des politiques émancipatrices et innovantes seront développées et le CPAS affirmera son rôle de porteur de projets pilotes, en collaboration avec les partenaires publics concernés et le milieu associatif. Le CPAS plaidera à tous les niveaux de pouvoir pour le relèvement du RIS au dessus du seuil de pauvreté, pour l’individualisation des droits et un meilleur financement des missions couvertes par le CPAS.

Grands axes du programme de politique générale

L’action sociale est évidemment au cœur de l’engagement et des missions du CPAS. La prise en charge des usagers évoluera vers une prise en charge globale pour éviter le risque de toboggan social, une difficulté en entrainant trop souvent une autre. La volonté est aussi de rompre avec la reproduction intergénérationnelle de la pauvreté. Etant donné les chiffres inquiétants en la matière, les actions prioritaires devront répondre aux urgences vécues aujourd’hui par les femmes, les enfants, les familles monoparentales et les personnes sans-abris.

Les femmes qui représentent plus de 50% des personnes aidées et plus de 90% des chefs de familles monoparentales, subissent au cours de leur vie davantage de discrimination et de violence. Le CPAS entend renforcer son action émancipatrice à leur égard, à l’instar du projet Miriam. Le CPAS investira dans la construction de davantage de logements de transit qui leur seront réservés. De nouvelles solutions de gardes d’enfants seront développées avec la Ville afin de les soutenir, notamment dans leur parcours d’insertion-socioprofessionnelle…

Pour les plus jeunes, afin de favoriser les chances de réussite scolaire et de ne pas voir se reproduire les inégalités, le CPAS renforcera son offre d’écoles des devoirs, de salles d’études, de soutien scolaire,… En collaboration avec la Ville de Bruxelles, le CPAS souhaite mettre en place une fonction de médiateur « pauvreté » au sein des écoles afin de renforcer le dialogue et d’instaurer la confiance entre les parents et les services publics. En collaboration avec la Fédération Wallonie-Bruxelles, le CPAS travaillera à l’ouverture d’une MADO (maison pour les adolescents âgés de 11 à 25 ans) à Bockstael.

Vu le dernier recensement effectué par la Strada relatif aux sans-abris (4.000 en Région bruxelloise), le CPAS veut rompre avec le système d’urgence aujourd’hui existant pour développer des solutions plus structurelles : logements de transit, Housing First… Et ce, afin de sortir durablement les personnes de la rue. A cet égard, le CPAS fera de ce type d’hébergement une priorité dans le cadre du Plan logement de la Ville de Bruxelles/CPAS. En outre, une attention particulière sera portée aux femmes sans-abri, notamment via la distribution de kits hygiéniques.

Les inégalités sociales vont trop souvent de pair avec des inégalités en matière de santé. Le CPAS, à ce jour, alloue plus de 1.600 aides médicales urgentes (AMU) et plus de 11.500 cartes santé. Pour répondre à l’urgence sociale et sanitaire, je veux garantir l’accès aux soins de première ligne à tous, sans distinction. Le CPAS encouragera le conventionnement des médecins généralistes et spécialistes (ex : dentistes), travaillera à l’ouverture de nouvelles maisons médicales en collaboration avec les hôpitaux publics, cela dans le but de créer un véritable trajet de soins. En outre, le CPAS, avec la Ville, ouvrira le plus rapidement possible une salle de consommation à moindre risque.

En terme d’insertion socioprofessionnelle, le CPAS renforcera la formation, préalable à la mise à l’emploi et durant le contrat de travail, des personnes sous contrat article 60 afin que celles-ci puissent réinsérer le marché de l’emploi de manière plus durable. A ce jour, le CPAS soutient plus de 1.060 personnes sous contrat de ce type.

Le secteur d’économie sociale sera renforcé car il permet, d’une part, de former et de mettre à l’emploi de nombreux ayant-droits et, d’autre part, d’offrir des services à la collectivité à des prix accessibles à tous. Parmi ces activités innovantes, citons l’Usine du Linge (3e blanchisserie du pays), les projets d’économie durable et circulaire comme les Ateliers des Tanneurs et le futur Be-Here (marché bio, soutien à des jeunes porteurs de projets…) ou encore les ateliers de récupération de meubles et de vêtements (Duo, Cyclup). Dans ce même esprit, des nouveaux services d’aides à domicile seront créés (bricolage, jardinage pour les particuliers…) et une épicerie sociale est envisagée.

Pour réaliser toutes ces missions et offrir un service public performant, le CPAS soutiendra son personnel, soit plus 1.770 agents et 1.060 travailleurs sous contrat article 60 grâce à une offre de formation continue plus diversifiée, la mise en place du télétravail, les mobilités internes encouragées, la simplification des procédures administratives, l’instauration de team building, le renforcement de la cellule prévention agressivité… La mobilité douce, via notamment la mise à disposition de vélos, vélos électroniques,… sera encouragée. « Remarquable et très investi, le personnel du CPAS doit être soutenu au quotidien dans ses missions essentielles. Pour cela les conditions de travail de tous, à tous les niveaux, seront améliorées » ajoute la Présidente.

Pour répondre au manque de logements à Bruxelles, le CPAS mettra en œuvre avec la Régie foncière de la Ville le nouveau plan logement (création de 750 logements). L’accent sera mis sur les publics cibles du CPAS : logements de transit et housing first, logements pour familles nombreuses,… De nouvelles formes d’habitats seront aussi explorées : modulaires, intergénérationnels, communautaires,… De plus, afin d’être un propriétaire toujours plus exemplaire, le CPAS poursuivra la rénovation et l’isolation de l’ensemble de ses bâtiments. Un inventaire des toits sera effectué afin d’identifier les lieux possibles pour y installer des panneaux solaires, des toits verts, y développer des projets d’agriculture urbaine, des systèmes de récupération des eaux de pluie,…

Pour les seniors, l’objectif est de les maintenir en autonomie de vie aussi longtemps que possible et lutter contre l’isolement via une offre de services à domicile augmentée et des logements adaptés. Lorsque cela n’est plus possible, les seniors peuvent se tourner vers les 5 maisons de repos du CPAS dont les projets de vie sont en pleine évolution. L’implantation d’une 6e maison de repos est à l’étude.

Au travers de l’ensemble des politiques sociales du CPAS, la transition écologique sera une priorité. Le projet phare en la matière est celui de la récupération des invendus alimentaires, ayant pour but la solidarité alimentaire et le non gaspillage (DREAM - 1 tonne d’invendus par jour redistribués à des associations).

Enfin, en terme de bonne gouvernance, le CPAS vise toujours plus de transparence, d’efficacité et de performance. A cette fin, un audit externe et interne ainsi qu’un contrôle interne seront mis en place. Les collaborations avec la Ville seront renforcées pour rationaliser certains outils et améliorer notre approche des problématiques bruxelloises. Ainsi, une cellule d’étude stratégique sera mise sur pied pour analyser les données statistiques et démographiques dont disposent les administrations afin d’anticiper les besoins de la population. Par ailleurs, le CPAS établira un gender budgeting pour mieux appréhender la précarité des femmes et lutter efficacement en la matière.

Le monitoring de cette note de politique générale sera assuré par l’administration. Son contenu n’est pas figé et les actions, évaluées, pourront être réactualisées en fonction des besoins. Enfin, le CPAS de la Ville de Bruxelles ne pourra arriver seul à lutter contre la pauvreté, aussi ambitieux soit-il. Seule une approche conjointe de l’ensemble des acteurs compétents permettra de relever ce défi. C’est pourquoi je plaiderai sans relâche pour que cette problématique soit au cœur de l’ensemble des politiques des différents niveaux de pouvoir et que les besoins des Bruxellois relayés par les acteurs de terrain soient entendus et trouvent réponse.


Jeudi 14 Mars 2019
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