Karine Lalieux, de l'audace et des convictions

Nouvelle mobilisation pour Bruxelles



Nouvelle mobilisation pour Bruxelles
Il y a une semaine sur les ondes de la RTBF (Matin-Première), Olivier Maingain, grand défenseur des francophones et de Bruxelles, comme il le revendique, disait que les politiques bruxellois ne devaient être demandeurs de rien et surtout pas d’argent dans le cadre des négociations institutionnelles.

C’est sans doute une belle affirmation ou un beau principe mais qui ne tient aucunement compte de la réalité bruxelloise.

Bien au contraire, il faut un refinancement de Bruxelles, comme le rappelait, quelques jours plus tard, le Ministre-Président, Charles Picqué dans la presse.

En effet, la loi de financement (déterminée au niveau fédéral) est très défavorable pour la Région bruxelloise. Bruxelles ne « reçoit » que 2,9% dans le mécanisme de transfert "Fédéral vers les Régions. Alors que, comme je l’ai déjà écrit, Bruxelles participe à hauteur de 20% dans le PIB belge et son rayonnement international profite aux deux autres Régions.

A cause de cette clé de répartition défavorable, la région bruxelloise est beaucoup plus exposée à la conjoncture économique et à ses variations puisque les recettes fiscales participent à hauteur de 56% au budget (à concurrence de 40% en Wallonie et de 25% en Flandre).

En plus, comme vous le savez l’Etat fédéral a demandé aux entités fédérées de participer à l’effort budgétaire pour réduire le déficit et là le Premier veut pénaliser une deuxième fois Bruxelles en lui demandant de faire des efforts plus conséquents !

Ce qui est, bien entendu, inacceptable et mettrait Bruxelles en péril ! Il ferait aussi peser sur la population bruxelloise (très précarisée) les conséquences du sous-financement structurel de Bruxelles. Les politiques sociales, de services publics, de mobilité mais aussi les hôpitaux, maisons de repos ou communes seraient alors remis en cause.

L’urgence est donc là pour Bruxelles et hors de question de mettre cette discussion au frigo.

Cette richesse apportée par Bruxelles mais dont beaucoup de bruxellois ne profitent pas est aussi bien comprise par les patronats régionaux, tant francophone que néerlandophone. Dans Le Soir de ce lundi, ils se mobilisent pour la Région Bruxelles-Capitale. Ils rappellent que la Métropole bruxelloise ne correspond pas aux limités de la Régions mais que celle-ci agit comme un pôle d’attraction.

Ils regrettent le cloisonnement, la muraille économique entre Bruxelles et son hinterland construit notamment par les deux autres Régions et en particulier la Flandre. Et de renchérir, « les entrepreneurs flamands ont compris l’intérêt économique de Bruxelles. En allant à l’étranger, ils sentent l’importance de cette ville-région et sa valeur pour eux ».

Cet appel demandant plus de coopération, plus de solidarité envers Bruxelles montre un fois de plus que Bruxelles est le poumon économique de la Belgique, que Bruxelles à une réelle reconnaissance au niveau international.

Alors j’espère que demain quand nos politiques seront autour de la table, ils entendront ces arguments objectifs, mettront de côté leur mesquinerie et permettront à Bruxelles de se développer en toute sérénité.


Mardi 1 Septembre 2009
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