Karine Lalieux, de l'audace et des convictions

Plaidoyer pour une monde sans armes nucléaires. Commençons par la Belgique !



Ce lundi 25 novembre avait lieu en Commission Défense nationale un échange de vues avec le Ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V), sur la base militaire de Kleine Brogel.

En effet, la presse s’est fait l’écho au mois de septembre d'un accord secret qui aurait été passé en 2010 entre la Belgique et les Etats-Unis à propos de la modernisation des bombes nucléaires B-61, dont il est supposé que des exemplaires sont entreposés à Kleine Brogel.

Fidèle à la ligne adoptée traditionnellement par la Défense dans ce dossier, le ministre s'est montré d'une extrême prudence. S’il n’a pas confirmé ou infirmé la présence de ces armes sur le sol de notre pays, il a expliqué que la modernisation des armes nucléaires américaines relevait de la responsabilité des Etats-Unis.

Si sur la question de la présence supposée de ces armes, je ne peux hélas que prendre acte de la réponse très limitée du Ministre de la Défense. Ce débat a cependant été l’occasion de rappeler la position du PS en la matière.

J’ai ainsi souligné que, sans équivoque, les armes nucléaires sont des armes de destruction massive dont les principales victimes sont des civils. Il est inimaginable qu’encore aujourd’hui, en Europe, en Belgique ou ailleurs, ce type d'armes soit maintenu.

Nous le savons, la réduction des arsenaux nucléaires ne peut être le résultat que de négociations multilatérales. Cependant l'objectif est et doit rester l'éradication totale de ce type d'armes à commencer par chez nous.

Je ne peux par contre me satisfaire de la réponse du Ministre lorsqu’il souligne que « l'OTAN restera une alliance nucléaire ». Pour le PS, l’OTAN doit évoluer avec son temps, un temps où la dissuasion nucléaire ne se justifie plus ni d’un point de vue militaire ni au regard du rôle qu’a toujours joué la Belgique dans la lutte mondiale contre les armes dites « sales » (mines antipersonnel, bombes à sous-munitions, blindage à uranium appauvri ou armes chimiques). Il s’agit d’assurer cette cohérence.

Tout comme en son temps pour les mines antipersonnel, certains nous prétendaient que les armées en avaient besoin. Aujourd'hui, nos militaires au Liban enlèvent ces armes sales, qui tuent des civils.

J’ai demandé noir sur blanc au Ministre de plaider dans toutes les rencontres, multilatérales ou bilatérales, pour le respect strict du Traité de non-prolifération nucléaire et pour mettre fin à ces armes de destruction massive. Si rien ne confirme formellement que ces armes sont en Belgique, il faut – dans tous les cas – que la Belgique et l’Europe soient les premières à refuser ces armes nucléaires sur leur territoire.

Enfin, j’ai insisté pour le besoin d’un véritable contrôle démocratique en la matière. Si je comprends le besoin de respecter des critères stricts de confidentialité, la transparence vis-à-vis du Parlement est un minimum aujourd'hui. L'époque 1957 est révolue. Le monde a changé, et la Défense, l’OTAN et l’ensemble des acteurs impliqués dans ces décisions doivent le comprendre sous peine de faire peser une lourde menace sur la paix, la sécurité et notre volonté d’un monde sans armes nucléaires…

Photo : Photo courtesy of National Nuclear Security Administration / Nevada Field Office.

Jeudi 28 Novembre 2013
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