Karine Lalieux, de l'audace et des convictions

Pour une simplification de l'offre financière

En matière de protection du consommateur, alors que la droite se contente d'un devoir d'information (corollaire de l'autorégulation), la gauche plaide pour la simplification (forme particulière de réglementation).



Pour une simplification de l'offre financière
Un jour, avec ses amis (CBFA, Febelfin,…) le Ministre des Finances, Didier Reynders, veut créer un "Institut pour l'éducation financière, histoire de bien culpabiliser l'épargnant qui ne serait pas assez malin pour comprendre les produits qui lui sont proposés. Le lendemain, le même veut faire porter la responsabilité sur les banquiers (voir article dans le Vif de cette semaine sur l'idée d'un examen pour les banquiers)

Qu'on ne s'y trompe ! Quand D.Reynders parle de banquier, c'est de la sémantique à usage des médias.

Soyons clairs, ce n'est pas le CEO qui est visé ici, c'est le travailleur qui se trouve au guichet. Ce même travailleur qui non seulement a été, depuis des années, fortement incité à vendre des produits complexes et dangereux qui ne correspondait pas aux besoins des clients, mais qui s'est également retrouvé abandonner par sa direction au pire moment de la crise financière lorsqu'il fallait affronter la colère des épargnants.

Une fois de plus, le monde de la finance refuse de prendre ses responsabilités ! Il préfère jeter la faute tantôt sur le consommateur, tantôt sur l’employé de banque. Or, le vrai problème, celui auquel la droite refuse de s'attaquer, c'est la complexité de l'offre financière.

Seule une simplification et une adéquation de l'offre financière permettra de renforcer les droits des épargnants et restaurer leur confiance dans le système financier. La droite est convaincue que le simple devoir d'information est suffisant. Or, ce devoir d'information est en train de démontrer ses limites, puisque la droite parle maintenant non plus d'information, mais de formation. La droite commence à prendre la mesure des limites de l'autorégulation, mais à la marge et ce n'est pas suffisant.

Pour une simplification de l'offre financière

Ce qu'il faut, c'est une véritable simplification de l'offre financière. Une offre qui corresponde aux besoin et au profil des clients, une offre transparente, compréhensive et claire avec un réel délais de réflexion. Ces conditions là, seul un organisme comme l'Agence de protection du consommateur indépendante du secteur bancaire, de la Commission bancaire et financière (qui a démontré son inefficacité en matière de protection du consommateur) et surtout du Ministre des Finances (bien nommé Ministre des Banques) pourra réaliser cet objectif.

J’ai déposé en novembre dernier une proposition de loi qui crée cette agence. Le Conseil de la consommation est en train de l’examinée et j’espère que dès la rentrée elle sera inscrite à l’ordre du jour de la Commission de l’Economie, pour enfin lancer un débat sur base de propositions concrètes et non pas d’interviews dans la presse.

A (re)lire : Crise financière : proposition de création d’une agence de protection des consommateurs des produits financiers

Vendredi 26 Juin 2009
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