Karine Lalieux, de l'audace et des convictions

Rail : les Bruxellois veulent pas d'une nouvelle jonction ferroviaire nord-midi



Rail : les Bruxellois veulent pas d'une nouvelle jonction ferroviaire nord-midi
A l’occasion de la médiatisation de la première ébauche du plan pluriannuel d’investissements du Groupe SNCB, j’ai été étonnée de lire qu’il n’était pas question de toute la mobilité ferroviaire qui passe par Bruxelles..

Pourtant, ce n’est un secret pour personne, la jonction Nord-Midi essentielle pour la mobilité ferroviaire puisque la grande majorité des trains passent par elle, est au bord de la saturation, sera sur-saturée et même totalement « immobilisée » en 2017 !

Oubli ? Manque d’intérêt pour Bruxelles ? Ou peur d’énoncer leur vision délargissement qui sera d’office jugée inacceptable par les communes traversées par cette jonction ?

Car tous les Bruxellois se souviennent ou vivent encore cette tranchée qui a traversée Bruxelles du nord au sud. De ses travaux qui n’en finissaient pas, des quartiers défigurés, des habitants expulsés et d’une gare du Midi et de ses environs toujours en chantier….

Les Bruxellois ne veulent donc plus revivre ce calvaire même s’ils sont sensibles à une mobilité durable et en faveur des transports en commun.

Mais même si le Groupe SNCB ne le dit pas clairement, il a bel et bien des projets pour la jonction Nord-Midi. Il pense soit à l’élargir en surface soit à creuser un long tunnel sous la capitale. L’un est inacceptable - ce sera une nouvelle énorme fracture pour les Bruxellois et les quartiers traversés- l’autre est impayable, plus de 5 milliards €.

La région bruxelloise, par la voix de son Ministre-Président, Charles Picqué, a souhaité proposer des alternatives aux projets dantesques et budgétivores des patrons de la SNCB. Il estime qu’en investissant moins, il est possible d’organiser les chemins de fer de façon plus satisfaisante tant pour les navetteurs que pour les Bruxellois.

Comment ? En proposant une desserte ferroviaire via l’est et l’ouest, en augmentant le nombre de gares prévues dans le cadre du développement du RER (un rayonnement en étoile) et en renforçant la complémentarité entre le rail et les autres modes de transports en commun.
Bref, une meilleure répartition des chantiers et un ensemble d’offres élargies plutôt qu’un investissement unique, colossal et destructeur.

Je soutiens ce projet bruxellois et je l’ai dit au Ministre des Entreprises publiques, Paul Magnette. Sa position n’est pas encore arrêtée, mais il a bien compris (et je l’ai rappelé) que plus aucune commune de Bruxelles, ni d’ailleurs la Ville de Bruxelles, où je suis échevine, ne donnera un permis d’urbanisme pour agrandir la jonction Nord-Midi.

Il est indispensable que les mentalités des experts du Groupe SNCB évoluent, qu’ils quittent leur vision dogmatique (la jonction et rien que la jonction) et tiennent compte du développement du rail avec les bruxellois et non en les méprisant et en ignorant les nouvelles réalités économique de la Région.

Lundi 11 Juin 2012
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