Karine Lalieux, de l'audace et des convictions

Santé, droits sexuels et reproductifs des femmes dans le cadre des objectifs du Millénaire.



Santé, droits sexuels et reproductifs des femmes dans le cadre des objectifs du Millénaire.
Mercredi matin, j’ai présenté une proposition de résolution relative à la santé et aux droits sexuels et reproductifs dans le cadre des Objectifs du Millénaire post-2015. Elle a été votée à une large majorité. Seule la NVA s'est abstenue et le VB a voté contre...ce qui ne m'étonne pas, vu que la solidarité n'est pas leur tasse de thé.

Sans équivoque quant à ses objectifs et sa démarche volontariste, elle a été cosignée par presque l’ensemble de groupes politiques représentés au parlement. J’en suis heureuse et également soulagée de voir qu’une solidarité parlementaire peut encore être présente dans des débats comme celui-ci.

Lutter pour que ces droits soient une réalité dans tous les pays, dépasse les clivages politiques traditionnels. En effet, dans une société démocratique, qui reconnaît à ses citoyens le droit de disposer librement de leur corps et de leur vie, il ne s’agit pas d’être pour ou contre les droits sexuels et reproductifs, il s’agit de faire en sorte que chacun puisse poser des choix libres et éclairés à tous les moments de sa vie. Les mêmes constat et combat doivent être portés au niveau international.

Pour rappel, les huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) forment un plan ambitieux approuvé par tous les pays du monde et par toutes les grandes institutions mondiales de développement. De larges travaux sont déjà menés au Sénat à ce sujet.

Il était important pour moi, en tant que parlementaire, de porter à l’attention du gouvernement belge mais aussi plus largement des forums européens et internationaux l’importance des droits sexuels et reproductifs dans la lutte contre la pauvreté et la faim.

La pauvreté n’est pas seulement un manque de moyens matériels: il s’agit aussi d’un “processus” qui s’auto-alimente dès lors que la santé, l’éducation et l’égalité des genres ne sont pas acquis. Prendre un moyen de contraception pour ne pas avoir trop d’enfants à nourrir, être en mesure de se protéger contre les MST (Maladies Sexuellement Transmissibles), pouvoir envoyer ses enfants à l’école et trouver soi-même du travail, tout cela constitue aussi des moyens de lutter contre la pauvreté.

Si l’importance de la santé, de la protection des droits sexuels et reproductifs est reconnue depuis un certain temps, rien n’est acquis, tant les pressions conservatrices sur le terrain et sur les forums internationaux sont fortes. Ainsi, au niveau européen et international, sous la pression de certains États « conservateurs », on ne peut garantir la présence de ces thèmes dans le futur cadre du développement durable et de la lutte contre la pauvreté. C’est extrêmement inquiétant. En déposant cette résolution, c’est marquer la position des parlementaires belges et leur volonté de les y inscrire envers et contre le conservatisme ambiant de certains Etats membres.

Financièrement, malgré la crise, il est important pour moi que des moyens soient octroyés pour mettre en place la concrétisation de l’exercice de ces droits. Ainsi la solidarité internationale ne doit pas faiblir et des moyens tels que la taxation des transactions financières doivent être mis en place urgemment.

Plus qu’une marque de bonne volonté, cette proposition doit être un départ d’un débat concret sur les moyens à mettre en place pour des droits sexuels et reproductifs acquis internationalement.

Ce monde durable que nous appelons de nos vœux n'est possible que par une approche cohérente qui intègre pleinement les défis des droits sexuels et reproductifs. Car si ceux-ci sont à la source de notre humanité, ils sont aussi source d'inégalités et de discrimination. Ils ne peuvent dès lors être pris en otage par des conservatismes exacerbés sous peine de se transformer en un frein au développement de chacun.

Dimanche 6 Octobre 2013
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