Karine Lalieux, de l'audace et des convictions

Une journée à l'air libre



Une journée à l'air libre
A l’initiatives de plusieurs avocats (notamment le cabinet d’Avocats du Quartier des Libertés) et d’ONG (Ligue des Droits de l’Homme, CIRE, Défense des Enfants International, Service Droit des Jeunes,…), nous nous sommes présentés avec quelques collègues parlementaires (Josy Dubié, Carine Russo, Clotilde Nyssens, Philippe Mahoux aux Centres fermés 127 et 127bis accompagnés de deux huissiers de justice.

L’objectif était de faire participer les enfants de familles sans papiers enfermées à une journée récréative en compagnie de jeunes issus de mouvements de jeunesse.

Pour ce faire les avocats avaient fait signer aux parents une autorisation parentale pour permettre à leurs propres enfants de profiter de cette activité (comme d’ailleurs n’importe quel parent le fait lorsque l'un de ses enfants part en week-end avec un mouvement de jeunesse).

Une journée à l'air libre
Nous demandions donc simplement aux autorités des Centres et à l’Office des Etrangers de laisser sortir ces enfants pour qu’ils puissent participer aux activités prévues ce dimanche. Nous avions loué un car à cet effet.

Alors vous me demanderez pourquoi cette démarche qui pourrait vous paraître saugrenue ?

D’abord pour les enfants eux-mêmes. Pour qu’ils puissent passer un dimanche à l’extérieur avec d’autres enfants. Mais ,aussi et surtout, pour démontrer les contradictions dans lesquelles sont plongés l’Office des Etrangers, le Ministre de l’Intérieur et même le Pouvoir Judiciaire.

En effet, tant l’Office que les Cours et tribunaux ainsi que la Cours de Cassation soulignent dans leurs décisions que les enfants ne sont pas visés par la décision de détention en centre fermé car ils n'ont « pas fait personnellement l’objet de la mesure » de détention, mais suivent seulement leurs parents. L’idée première est que l'on ne sépare pas les familles et que les enfants sont enfermés à cause de leurs parents.

Donc si les parents permettent à leurs enfants de participer à des activités extérieures, ils devraient pourvoir sortir. C’est ce que l’on a testé ce matin. Et là, comme il fallait s’y attendre, ni la direction, ni l’Office de Etrangers n’ont donné l’autorisation que l’on emmène ces enfants dehors !

Une fois de plus, l’Etat belge enfreint la Convention internationale des Droits de l’Enfant et retient arbitrairement et illégalement des enfants dans des centres fermés. C’est pourquoi, dès lundi, les avocats déposeront un recours devant les juridictions.

Pour rappel, les partis Ecolo, CDh et PS ont tous déposé des propositions de lois pour interdire l’enfermement des enfants et donc des familles dans des centres fermés. Il faut rappeler que ces personnes n’ont commis aucune infraction.

Je voudrais saluer le courage, la ténacité et la détermination de ces avocats et ces membres des ONG qui donnent sans compter de leur temps pour défendre les Droits de l’Homme.

Dimanche 18 Novembre 2007
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